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Chapitre II – La Cantina

Chapitre II – La Cantina
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Laissant la chaleur écrasante de Tatooine derrière eux, les fugitifs dévalèrent une poignée de marches et débouchèrent dans l’ombre salvatrice de la cantina. Il y faisait sombre et frais. Le barman Dévaronien s'immobilisa quelques instants pour les dévisager, sa face démoniaque intimidante.

A l'autre bout de la pièce, une Twi'lek dansait sur scène au rythme d'un air enregistré d'un jazz classique. Les murs sont flanqués d'alcôves et le reste de la pièce était encombré de tables et de chaises. Quelques clients tournèrent la tête pour regarder le groupe hétéroclite qui venait de faire irruption. Tous savaient reconnaître l’odeur de la chasse, et personne ne souhaitait se mêler des affaires de Teemo le Hutt. Les seules issues apparentes était une sorte de réserve, de l'autre coté du bar, et une porte, située derrière la danseuse. Le plafond voûté était soutenu par de lourds étais.

Au comptoir, le Dévaronien leva à peine les yeux de ses verres. Ses cornes luisirent sous la lumière tamisée.
— « Vous n’avez pas choisi le meilleur moment pour boire, étrangers. » Sa voix rauque avait le tranchant d’un couperet.

Shanoarrh émit un grognement bas, qui fit trembler la vaisselle.
Mak s’avança, jouant de son sourire de faux jeton préféré.
— « Nous cherchons seulement un renseignement… et nous ne sommes pas des étrangers pour longtemps. »

Le barman ricana.
— « Les seuls renseignements que je vends, ce sont ceux qui m’évitent des ennuis. Et vous, vous êtes des ennuis sur pattes. »

Nal’Ria fit un pas en avant, posant une main apaisante sur le comptoir. 
— « Peut-être qu’un verre payé suffirait à adoucir ton humeur ? »

Le Devaronien hésita, jaugeant le groupe. Ses yeux passèrent de l’arbalète du Wookiee au bras cybernétique de Rosa. Il soupira.
— « Il y a un hangar. Baie Aurek. Un vieux cargo qui traîne là, inutilisé… enfin, plus ou moins. Mais vous n’avez rien entendu de moi. Maintenant, filez. »

Les portes de la cantina s’ouvrirent brusquement. Les silhouettes trapues des gamorréens emplirent l’entrée. Plus de temps à perdre.

 

Cantina de Mos Shuuta – Version étoffée

La chaleur étouffante du jour s’écrasait sur Mos Shuuta, et la poussière s’infiltrait partout, jusque dans les plis des vêtements. Lorsque le groupe franchit le seuil de la cantina, ce fut comme plonger dans une autre atmosphère : l’air, chargé de fumée âcre et de relents d’alcool frelaté, vibrait au rythme lancinant d’un orchestre Bith aux notes métalliques. Les conversations cessèrent un instant, tous les regards se tournant vers les nouveaux venus. Les habitués les jaugeaient, certains avec une indifférence blasée, d’autres avec une curiosité hostile.

Shanoarrh, la haute silhouette du Wookiee, attirait particulièrement l’attention. Quelques clients murmurèrent en reconnaissant son espèce, réputée pour sa force et son caractère. Rosa, de son côté, rabattit nerveusement une mèche de cheveux sur son front, comme pour cacher les antennes de Balosar que ses ennemis ne devaient pas remarquer.

Le groupe s’avança vers le comptoir. Derrière, un barman Twi’lek essuyait mollement un verre déjà sale. Il leva à peine les yeux, visiblement peu enclin à bavarder.


La conversation avec le barman

Mak prit les devants. Sa prestance naturelle, malgré un sourire un peu forcé, fit bonne impression :

— Deux verres… et une information. Nous cherchons Trex. Tu l’as vu ?

Le barman haussa un sourcil et claqua sa langue, agacé.

— Trex ? Vous croyez quoi, que je vends mes clients au premier étranger de passage ? Dégagez.

Il fit mine de s’éloigner, mais Nal’Ria posa calmement une main gantée sur le comptoir. Sa voix douce mais ferme, teintée d’un léger accent, le retint :

— Nous n’avons pas beaucoup de temps. Aide-nous, et tu n’auras plus à nous voir.

Le Twi’lek soupira, détourna les yeux.

— Trex… ouais, il est passé. Mais si Bargos m’apprend que je parle, je perds plus qu’un pourboire.

Shanoarrh poussa un grondement sourd, une vibration menaçante qui fit frissonner les clients les plus proches. Le barman déglutit et leva les mains, soudain nerveux :

— Bon, bon ! Il est encore dans le coin, planqué à l’arrière. Mais je vous jure que je veux pas d’ennuis, alors…

Il n’eut pas le temps de finir : la porte de la cantina s’ouvrit brusquement, laissant entrer deux hommes armés aux couleurs criardes des sbires de Bargos. Ils balayèrent la salle du regard, leurs blasters déjà en main.


Le combat dans la cantina

Le silence s’écrasa d’un coup. Les musiciens cessèrent de jouer.

Un des hommes lança d’une voix dure :
— Vous ! Le Wookiee et ses copains. Bargos veut vous voir… morts.

Le premier coup de feu fusa, carbonisant une bouteille derrière le bar. La cantina explosa aussitôt en chaos.

Shanoarrh, d’un bond puissant, renversa une table pour offrir une couverture. Son arbalète Wookiee vrombit, envoyant un carreau énergétique qui fit voler un des mercenaires à travers un tabouret.

Rosa, accroupie derrière un fauteuil renversé, fit jaillir de son bras cybernétique un petit blaster rétractable. Elle tira deux fois, ses tirs ricochant contre les murs avant d’arracher un cri au deuxième bandit. Un sourire nerveux fendit son visage.

Mak, moins habitué à l’action, se plaqua maladroitement derrière le bar, échappant de peu à un tir qui fit éclater une rangée de bouteilles. Le liquide alcoolisé se mit à couler, enflammé par une étincelle, projetant des langues de feu le long du comptoir.

— Ah ! Pas la réserve ! hurla le barman en se jetant au sol.

Nal’Ria, quant à elle, ferma brièvement les yeux. La Force vibra autour d’elle comme un souffle ancien. Quand l’un des agresseurs pointa son blaster sur Mak, elle étendit discrètement sa main : un instant d’hésitation envahit l’esprit de l’homme, son doigt se figea sur la gâchette, et il resta confus, incapable de tirer.

Profitant de l’ouverture, Shanoarrh bondit avec un rugissement, empoigna l’ennemi par le col et l’envoya valser à travers une table, brisant verres et assiettes dans un fracas assourdissant.


L’écho de la victoire

Le silence retomba, seulement troublé par les gémissements d’un des assaillants encore conscient. Le barman, tremblant, sortit de sa cachette.

— Par toutes les étoiles… vous êtes fous ! Vous allez attirer toute la bande de Bargos, et moi avec !

Mak se redressa, tenta de retrouver une contenance et passa une main sur sa tunique poussiéreuse.

— Alors aide-nous. Dis-nous exactement où trouver Trex, et on disparaît de ta vie.

Le Twi’lek, résigné, finit par hocher la tête.
— À l’arrière, hangar sud. Mais si vous avez un brin de sagesse, vous fuyez avant que d’autres ne rappliquent.

Le groupe échangea un regard entendu. Leurs ennuis ne faisaient que commencer.

La fournaise de Tatooine n’était pas une vapeur : c’était un mur. Elle frappait le visage, collait les vêtements, rendait la respiration épaisse et hachée. Les ruelles de Mos Shuuta défilaient comme un cauchemar rouge ; derrière eux, les pas lourds et les grognements des poursuivants s’approchaient, réguliers et menaçants. Shanoarrh savait, au fond de sa gorge, que sa dette auprès de Bargos n’arrangerait rien ici — Timo régnait sur la ville, et ses coups de poing protégeaient ses annonces. Peu importait qui avait prêté de l’argent à qui : quand les hommes de Timo s’intéressaient à vous, vous deviez partir, vite.

Ils jetèrent un regard, et virent la lueur bienvenue d’une enseigne. La cantina s’ouvrit sur un monde d’ombres et de murmures. L’air y était plus supportable — une fraîcheur filandreuse qui venait des conduits —, et les notes métalliques d’un orchestre H’riss semblaient étirer le temps. Ils ne cherchèrent pas à parlementer : la porte se referma derrière eux qu’ils n’avaient pas encore repris leur souffle.

Rosa et Nal’Ria glissèrent vers le bar sans un mot, cherchant la couverture des ombres et des silhouettes. Mak pesta, renversa une chaise dans sa hâte et se cramponna à une table, tandis que Shanoarrh, ses muscles encore tendus, jeta un coup d’œil autour d’eux, flairant l’air comme un prédateur. Il ne parla pas — il suffirait d’un geste pour que la scène dégénère.

La cantina était pleine de regards, d’odeurs et d’histoires entremêlées. Un Devaronien au visage comme une carte froissée essuyait des verres, l’œil vif, mais la sueur au creux des tempes trahissait son inquiétude ; il ne souhaitait pas se mêler d’ennuis. Des silhouettes humanoïdes, des marchands au coin du comptoir, un droïde rappé qui rechignait à servir, tous pressaient le silence comme on pince une plaie.

Puis quatre ombres burinées franchirent le seuil — Gamoréens, la mâchoire basse et le groin froncé, des gourdes massives en bandoulière. Leur entrée fut une annonce de violence ; leurs pas martelèrent le plancher et leurs yeux cloitrés cherchèrent des silhouettes familières. Ils cherchèrent les personnes qu’on leur avait indiquées.

Le premier mot jaillit, rude et tranchant : « Là. » Les Gamoréens balayarent du regard la pièce ; leurs grognements roulèrent comme des pierres. L’un deux fit claquer sa gorge, et le message fut clair : trouver les renégats.

Tout s’enchaîna en moins d’une respiration.

Un verre explosa, un cri étranglé, des chaises qui volent. Mak, pris de panique, renversa sa table dans un réflexe — geste qui fit tomber un balancier et dévoila des caisses empilées contre le mur. Shanoarrh rugit : sa voix était un éboulement, un appel à la fureur. Il brandit son arbalète wookiee ; le mécanisme vrombit et vomit des carreaux qui claquèrent entre les tables. L’un des Gamoréens fut projeté contre un mur, et un tableau se décrocha en pluie d’éclats.

Rosa, derrière le bar, déploya son bras cybernétique. Son poignet cassa un support qui envoyait des verres valser ; d’un mouvement sec elle fit jaillir un blaster rétractable et ajusta une rafale ciblée. Une décharge électrique fit crépiter un tuyau exposé : un jet d’huile s’enflamma, léchant une pile de caisses. Le feu monta en l’absence d’air, faisant miroiter la scène d’une lumière orangée inquiétante.

Nal’Ria resta silencieuse, concentrée. Un souffle imperceptible effleura son visage : la Force, froide et filigrane, frissonna comme une toile. Un Gamoréen, qui venait de lever son gourdin pour un coup fatal sur Mak, hésita. Une note d’hésitation, comme si un papillon venait de bousculer sa colère. Son lourd bras retomba d’un pouce. Cette seconde suffit. Nal’Ria tira — mais pas avec son sabre. Sa carabine Blastech cracha une rafale courte et précise ; le tireur tituba, renversant son compagnon. Personne n’avait vu la main invisible sur son esprit : seulement un souffle, un claquement, un renversement de sorts.

Shanoarrh vira en une colonne de puissance. Il attrapa un des assaillants et, d’un mouvement brut, l’envoya traverser une porte latérale. La porte éclata, libérant une odeur d’essence et une pluie de sciure. Un autre Gamoréen s’appuya sur la barre de la porte, cherchant une route de repli, mais Rosa, flairant l’opportunité, enclencha son dispositif : une décharge localisée qui fit vibrer les implants et coupa momentanément l’initiative de l’ennemi.

Mak, malgré sa maladresse, eut son instant d’éclat. Repérant un conduit d’aération à moitié bouché, il jeta un tabouret, le faisant rebondir dans la trajectoire d’un tir. Le projectile rata l’un des Gamoréens et vint s’écraser contre une étagère, déclenchant une cascade d’objets. Un vieux droïde de service, mis en marche par hasard, heurta un mercenaire au genou ; celui-ci hurla, déséquilibré. Le basculement fut total : la panique gagna les assaillants.

Au milieu des flammes naissantes et du verre brisé, les renégats jouaient leur chance : Shanoarrh, rugissant, fit tomber la dernière résistance ; Rosa administra une charge qui cloua un dernier assaillant au sol ; Nal’Ria, comme une ombre, murmura une contrainte qui fit lâcher l’arme à un autre ; et Mak, pâle mais concentré, asséna un coup décisif à un ennemI least blessé.

Quand le tonnerre se tut, la cantina ressemblait à un champ de bataille miniature : éclats de bois, cendres naissantes, un linge en feu replié par un serviteur échevelé. Les clients, tétanisés, regardaient les vainqueurs — pas avec admiration, plutôt avec la crainte de ceux qui ont vu la violence de près.

Le Devaronien se redressa, le visage tordu par l’inquiétude et la colère. Il n’avait pas prononcé un mot pendant la mêlée ; maintenant sa voix tremblait.
« Par tous les circuits, vous allez me ramener les ennuis sur le dos, » cracha-t-il. « Timo ne plaisante pas. »

Ils ne répondirent pas tout de suite. Ils n’avaient pas le loisir de palabres longs. Mais la présence du barman, désormais, était un sujet de négociation : il savait des choses. Ils en avaient besoin.

Rosa s’avança, essuyant la poussière de son bras. Sa voix restait mécanique, mais précise : « Trex. Où est Trex ? Le cargo sur l’aire d’Orekk — nous en avons besoin. »

Le Devaronien déglutit, regarda la rue par la porte fenda et revint à la table. « Le Krou de Krét… oui. Le YT-2400. Trex commande. Capitaine Trandoshan. Il est lié à Timo — te fiche pas que vous tentiez de monter à bord. Et il cloue son engin au sol : un injecteur d’hypermatière foutu. » Il se pencha, murmurant pour que personne d’autre n’entende : « J’ai entendu dire que Vorn — le bric-à-brac au coin — pourrait avoir un injecteur de rechange. Mais il l’a peut-être déjà promis à Trex. Et si Timo apprend que j’ai causé… » Il fit un geste vague vers son cou, clairement menacé.

Mak prit le relais, maladroitement maître en diplomatie de circonstance : il proposa des crédits, il promit leur silence, il joua la carte de l’éloignement. Rosa, plus directe, évoqua la mécanique : elle parla d’indices précis sur les injecteurs, sur l’hiver du module, sur la façon dont Trex bosse — et le Devaronien, petit à petit, lâcha les détails. Narcissisme de la peur : mieux valait parler et se débarrasser d’eux que de les voir traîner et attirer davantage de soldés.

Finalement, à contrecœur, il leur indiqua la piste : hangar sud pour Trex, Vorn en ville pour une pièce de rechange — mais « vous touchez à ça, vous m’enlevez un poids de mes épaules. Et après ? Disparaissez. »

Ils repartirent sous le soleil, brûlés par l’air comme par l’urgence. Chacun portait sur lui la marque d’un combat qui avait failli dresser leur fin. La ville était une fournaise et une arène ; et déjà, dans l’ombre des ruelles, d’autres pas se faisaient entendre : la chasse continuait.

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